07 octobre 2006

Une vérité qui dérange, le film pamphlet de Al Gore

Lundi 2 octobre au soir, plusieurs membres de The Earth Organization (Association Terre)ont pu assister en avant-première à la projection du film "Une vérité qui dérange" de David Guggenheim, qui relate le combat engagé depuis 20 ans par Al Gore en vue d'alerter les populations du monde du Réchauffement climatique.


Suite à cette projection, l'un de nos membres, l'écrivain Daniel Ichbiah, a rédigé un article qu'il a publié sur le site de Agoravox, intitulé "Une vérité qui dérange : le film ultime". Cet article a suscité de nombreuses réactions et nous le publions ici, en prévision de la sortie du film attendue pour le 11 octobre. Nous ne saurions trop vous conseiller d'aller le voir.



Une vérité qui dérange : le film ultime


Algorefilm_1 Si vous ne deviez voir qu’un seul film d’ici les fêtes de fin d’année, que ce soit Une vérité qui dérange

Si vous ne deviez voir qu’un film durant toute la décennie, que ce soit Une vérité qui dérange.

Si vous ne deviez voir qu’un seul film d’ici à la fin de vos jours, courez voir Une vérité qui dérange.

Avec ce long métrage sur le changement climatique, Al Gore a participé à davantage qu’un documentaire. Il marque l’Histoire d’une empreinte ultime, il donne un signal d’alarme de la toute dernière chance : c’est le futur tout entier de cette planète qui est en jeu !

Algore Al Gore est un individu tenace, déterminé et prêt à tout pour faire passer le message. Il ne nous demande qu’une chose : REGARDER. Regarder en face une vérité pas du tout confortable. Regarder de nos yeux ces gigantesques blocs de glace qui s’effondrent aux pôles et donnent le tournis, tandis qu’ils aménagent de fougueuses rivières qui viennent grossir les océans. Regarder ces glaciers jadis majestueux dont la surface s’amenuise d’année en année. Ces territoires qui se dessèchent, réduisant la vie végétale à néant et anéantissant toute possibilité de survie d’une faune.

Une vérité qui dérange est un pamphlet qui rappelle le J’accuse de Zola. Il n’a aucunement vocation à rassurer, car l’heure n’est plus aux politesses. Lorsqu’il était sénateur, Al Gore a lui-même affronté la tiédeur de ses confrères, ultra-pressés d’enterrer un dossier qui dérange, une cause impopulaire, pas vraiment de celles qui rameutent les électeurs. Et les politiques n’ont pas été les seuls à cultiver la politique de l’autruche. Les médias, dans leur superficialité ont contribué à l’anesthésie générale des consciences.

Celui qui fut vice-président de Bill Clinton assène un fait. Sur les 698 études qui ont été rédigées au cours des années passées, celles qui contestaient la réalité du changement climatique et des bouleversements attendus se dénombraient très exactement à 0 !

Seulement voilà, un certain lobby pétrolier a eu intérêt à voiler la chose. Il s’en est donc suivi une campagne savamment orchestrée visant à semer le doute. Un doute qui n’était émaillé par aucun fait, aucune étude. Le résultat des courses a pour été navrant : 52% des articles publiés sur le sujet se sont plu à relayer cette idée d’un éventuel doute sur la question. La chose en dit long sur le lavage de cerveau lancinant qu’effectuent à la longue certains médias sur la pensée collective.

Al Gore en a vu d’autres. Comme le montre discrètement le film, il a eu à pâtir personnellement d’un épisode demeuré abject, celui qui a vu la présidence américaine lui échapper, à quelques centaines de voix près dans un seul état, celui de Miami, dans des circonstances de potentiel truquage des votes alarmantes. À la place de l’écologiste Al Gore, c’est un représentant du lobby pétrolier qui a été installé au pouvoir, un homme dont on ne sait toujours pas s’il est animé par sa viscérale stupidité ou par un machiavélisme avéré qu’il travestit dans une sottise de surface. Le monde a rarement autant perdu au change.

Pourtant, Gore a repris son bâton de pèlerin et continué de donner conférence sur conférence afin d’alerter l’opinion publique sur l’infâme réalité du réchauffement climatique. Avec à l’appui des chiffres, des réalités scientifiques, des images.

Il y aura certes quelques fats pour tenter de minimiser la portée de tels arguments. Quelques bien pensants sûrs de leurs faits qui voudront colorer ces faits de lait fraise. Au cours du film, nous en voyons quelques uns à l’œuvre comme ce conseiller à l’environnement de la Maison Blanche qui rature de sa main un rapport alarmiste et qui, une fois licencié en raison du scandale, est immédiatement embauché par le pétrolier Exxon ! Il y aura donc quelques irréductibles qui tenteront de noyer ces faits en prétendant qu’il n’y aurait, dans le film Une vérité qui dérange que quelques délires d’écologistes enflammés. Une comparaison s’impose. Ces esprits atrophiés sont similaires à ceux qui auraient trouvé de mauvais goût d’évoquer les camps de la mort durant la seconde guerre mondiale. Navré si la similitude fait grincer quelques dents, mais il existe un point où la dénégation frénétique de ce que les sens peuvent observer s’apparente à du révisionnisme.

Qu’importe pourtant les cris d’orfraies que pourraient pousser ceux qu’un tel film bouscule dans leur bien-être. Ce film n’a pas été réalisé pour eux. Il s’adresse aux millions de personnes demeurées suffisamment lucides pour avoir le cran d’agir. Car des solutions pour éviter la catastrophe, le film en propose sur son finale. Et si un jour cette planète échappe de justesse au pire, ce sera en partie parce que vous aurez vu ce film, parce que vous aurez incité vos amis à le voir, parce que vous aurez incité vos représentants politiques à le voir et à agir en conséquence, parce que vous aurez vous-même pris des mesures dans votre vie quotidienne pour participer à enrayer le phénomène.

Deauville Aller voir Une vérité qui dérange est un acte civique. Et comme l’a suggéré un membre du jury lors du festival de Deauville, il mériterait d’être projeté dans toutes les écoles de France.


C’est le film le plus important que j’aie vu de toute mon existence. Et je vais m’empresser d’aller le voir et revoir dès sa sortie officielle en salles le 11 octobre.

Daniel Ichbiah
Cet article a également été publié sur Agoravox et a fait l'objet de nombreuses réactions en faveur du film ou bien opposées à son message. Nous vous invitons à apporter vos propres commentaires sur la page correspondante.


Autre article de l'auteur : http://www.distributique.com/actualites/lire-greenpeace-epingle-les-constructeurs-informatiques-7544.html

2 Comments:

At 15:19, Anonymous emmanuel said...

je n'ai pas votre talent d'écriture mais je vous remercie infiniment car si j'avais eu ce talent j'aurais certainement écrit la même chose au mot près. Je l'ai vu mardi 3 en avant première et suis en colère contre ceux qui ont des peaux de saucissons devant les yeux, tels que studio et première. Et d'autres que j'ai pu voir raconter n'importe quoi sur le blog de crise climatique.fr, rubrique réchauffement climatique.J'espère que ce film fera minimum 10 millions d'entrée et qu'il ne sera pas oublié après.

 
At 16:00, Anonymous Pierre PICARD said...

Un article de Claude Allègre dans le monde évoque la chasse aux sorcière que subissent les climatologues qui osent emettre des doutes sur le réchauffement :

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-827867,0.html

 

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